Du prix au profit : la science du Willingness to Pay
- Martin Lessard

- 10 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 nov. 2025

Dans un monde saturé de produits, d’offres et d’algorithmes, le prix reste l’un des signaux les plus puissants qu’une entreprise envoie au marché.
Il reflète non seulement la valeur perçue d’un produit, mais aussi la confiance du client envers la marque et la cohérence du modèle d’affaires.
Pourtant, trop d’entreprises continuent de fixer leurs prix à partir de leurs coûts ou de la concurrence, plutôt qu’à partir de la valeur perçue.
Or, la clé d’une croissance rentable réside dans la compréhension fine de la willingness to pay — la disposition à payerdu client — et sa traduction en stratégie économique cohérente.
Chez Convenio©, nous voyons le prix non comme une simple variable financière, mais comme un langage de la valeur : un outil de stratégie, de positionnement et de confiance.
1. Le prix comme révélateur de valeur
Le prix n’est pas neutre : il raconte une histoire.
Il exprime une promesse implicite sur la qualité, la rareté ou l’expérience.
Une marque qui sous-évalue son offre envoie le signal qu’elle doute d’elle-même.
À l’inverse, une tarification trop ambitieuse sans justification tangible mine la crédibilité.
Le prix idéal se situe à l’intersection entre :
la valeur perçue par le client,
la valeur économique pour l’entreprise,
et la valeur stratégique de la marque dans son marché.
Ainsi, le pricing n’est plus une simple tactique commerciale : c’est un outil de cohérence stratégique, qui aligne l’expérience client, la promesse de marque et la performance économique.
2. Comprendre la Willingness to Pay (WTP)
La willingness to pay traduit la valeur subjective qu’un client attribue à un produit ou un service.
Elle dépend de multiples facteurs : contexte, émotion, alternatives perçues, urgence, ou encore alignement avec les valeurs du consommateur.
Les organisations matures utilisent aujourd’hui des approches analytiques avancées — tests A/B, modélisation conjointe, IA prédictive — pour estimer cette disposition à payer en temps réel.
Mais au-delà des outils, comprendre la WTP exige une posture :
👉 écouter, observer, analyser le comportement client sans le réduire à une donnée.
C’est un exercice d’équilibre entre science et intuition, rigueur et empathie.
3. Du WTP au WTS : la cohérence interne
Fixer un prix juste, c’est aussi comprendre la willingness to sell — ce que l’entreprise est prête à offrir pour ce prix.
Cela renvoie à sa structure de coûts, à sa capacité opérationnelle, et surtout à sa vision de la valeur.
La véritable cohérence se trouve entre :
ce que le client est prêt à payer (WTP),
ce que l’entreprise est capable d’offrir sans éroder sa rentabilité (WTS),
et la promesse de marque qui relie les deux.
Les entreprises performantes savent refuser la vente destructrice : celle qui alimente le volume au détriment de la valeur.
Elles savent aussi que le bon prix ne se décrète pas — il se mérite par la qualité de l’expérience, la fiabilité de l’offre et la pertinence de la proposition de valeur.
4. L’art du pricing stratégique
Dans les organisations orientées données, le pricing devient un instrument de pilotage.
Il permet de tester, d’apprendre et d’optimiser en continu.
Mais dans les organisations orientées performance durable, il devient surtout un levier de positionnement.
Le pricing stratégique s’articule autour de quatre principes :
Différencier par la valeur, pas par le rabais.
Ancrer le prix dans la confiance et la preuve.
Aligner la politique de prix sur la segmentation client.
Faire du prix un vecteur d’identité, pas seulement de profit.
En somme, le prix n’est pas la fin du parcours commercial, mais le point de convergence entre perception, valeur et cohérence.
Conclusion
Le willingness to pay n’est pas qu’une mesure : c’est une philosophie de gestion.
Il invite les entreprises à écouter leur marché autrement, à repenser leur proposition de valeur et à redéfinir la notion même de performance.
Une entreprise cohérente ne cherche pas à vendre plus, mais à vendre mieux — à un prix qui reflète la valeur réelle qu’elle crée pour toutes ses parties prenantes.
Car dans l’économie moderne, le profit n’est pas ce que l’on prélève du marché, mais ce que l’on mérite par cohérence et pertinence.
« Le bon prix n’est pas celui que le client accepte, mais celui qui traduit la valeur partagée entre lui et l’entreprise. » — Martin Lessard, Convenio



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